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SurgeryUrologyIncontinence Urinaire chez l'Adulte

Incontinence Urinaire chez l’Adulte

Introduction à la Préparation pour l’EACMC1

L’incontinence urinaire (IU) est un problème fréquent qui touche une part importante de la population adulte canadienne, particulièrement les personnes âgées. Pour l’EACMC1, ce sujet est à haut rendement dans les objectifs de l’Urologie et de la Gériatrie. Les candidats doivent démontrer leur compétence à différencier les types d’incontinence, à appliquer les rôles CanMEDS (particulièrement l’Agent d’intérêt public en raison de la stigmatisation associée à l’IU) et à élaborer un plan de prise en charge fondé sur les lignes directrices canadiennes.

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Contexte Canadien : Au Canada, l’incontinence urinaire touche environ 1 femme sur 4 et 1 homme sur 10. C’est une cause principale d’admission dans les établissements de soins de longue durée. Comprendre le fardeau social et économique est crucial pour le rôle d’Agent d’intérêt public dans l’EACMC1.


Classification et Physiopathologie

Comprendre le mécanisme de la fuite est la pierre angulaire du diagnostic. L’EACMC1 évalue fréquemment la capacité à distinguer les types suivants en fonction des antécédents du patient.

Incontinence Urinaire d’Effort (IUE)

  • Physiopathologie : Fuite involontaire lors d’un effort, d’une toux ou d’un éternuement. Causée par une hypermobilité urétrale ou une déficience intrinsèque du sphincter.
  • Facteurs de Risque : Multiparité, accouchement vaginal, obésité, ménopause (carence en œstrogènes), chirurgie pelvienne (prostatectomie chez l’homme).
  • Symptôme Clé : « Je perds de l’urine quand je ris, j’éternue ou je soulève des objets lourds. »

Causes Transitoires d’Incontinence

Avant de diagnostiquer une IU chronique, il faut écarter les causes réversibles. Utilisez l’acronyme DIAPPERS (en anglais) :

Mnémonique : DIAPPERS

  • Délirium (Délire)
  • Infection (IU)
  • Atrophie (Vaginite atrophique / Urétrite)
  • Pharmaceutiques (Diurétiques, Anticholinergiques, Sédatifs)
  • Psychiatrique (Dépression)
  • Excessive urine output (Hyperglycémie, Hypercalcémie)
  • Réduction de la mobilité
  • Stool impaction (Impactation fécale / Constipation)

Évaluation Clinique pour l’EACMC1

L’EACMC1 évalue votre capacité à recueillir des données ciblées. Suivez cette approche par étapes :

Étape 1 : Histoire Ciblée

Déterminer le type et la gravité.

  • Caractériser les fuites : Déclencheurs (toux vs impériosité), fréquence, volume.
  • Apport hydrique : Caféine, alcool, volume total.
  • Antécédents obstétricaux/gynécologiques : Parité, mode d’accouchement, ménopause.
  • Revue des systèmes : Symptômes neurologiques, hématurie, dysurie.
  • Revue des médicaments : Rechercher les alpha-bloquants, les alpha-agonistes, les diurétiques, les inhibiteurs de l’ECA (toux).

Étape 2 : Examen Physique

  • Examen abdominal : Palper pour une distension vésicale (globus).
  • Examen pelvien (Femmes) : Évaluer l’atrophie vaginale, le prolapsus des organes pelviens, et effectuer le Test de la toux en stress (observer les fuites lors de la toux).
  • Examen rectal (Hommes et Femmes) : Évaluer la taille de la prostate (hommes), le tonus du sphincter (neurologique) et vérifier l’impactation fécale.
  • Examen neurologique : Sensibilité périnéale, réflexe bulbocaverneux.

Étape 3 : Investigations Initiales

  • Analyse d’urine (Obligatoire) : Écarter une IU, une hématurie, une glycosurie.
  • Résidu Post-Mictionnel (RPM) : Essentiel pour écarter l’incontinence par débordement.
    • RPM < 50 mL est normal.
    • RPM > 200 mL suggère une vidange inadéquate.
  • Journal mictionnel : Enregistrement sur 3 jours de l’apport et de l’élimination. L’étalon-or pour l’évaluation objective.
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Signes d’Alerte Nécessitant une Référence (Urologie) :

  • Hématurie microscopique ou macroscopique (risque de cancer de la vessie).
  • Infections urinaires récurrentes.
  • Douleur pelvienne.
  • Antécédents de radiothérapie pelvienne.
  • Échec d’une chirurgie antérieure pour incontinence.
  • Suspicion de fistule.

Stratégies de Prise en Charge

La prise en charge doit être hiérarchisée : Conservatrice \rightarrow Pharmacologique \rightarrow Chirurgicale.

1. Prise en Charge Conservatrice (Première Ligne)

Tous les patients devraient commencer ici.

  • Modifications du mode de vie : Perte de poids (très efficace), arrêt du tabac, réduction de la caféine/alcool, gestion des liquides.
  • Entraînement des muscles du plancher pelvien (EMPP) : Première ligne pour l’IUE et l’IUM. Exercices de Kegel.
  • Entraînement vésical : Première ligne pour l’IUI. Miction programmée avec augmentation progressive des intervalles.

2. Prise en Charge Pharmacologique

Utilisée lorsque les mesures conservatrices échouent. Principalement pour l’IUI/VH. Les médicaments ne sont généralement pas efficaces pour l’IUE.

Classe de MédicamentMécanismeExemplesEffets Indésirables
AnticholinergiquesBloquent les récepteurs muscariniques (M3) pour inhiber la contraction du détrusor.Oxybutynine, Toltérodine, SolifénacineSécheresse buccale, constipation, vision floue. Attention chez les personnes âgées (déclin cognitif).
Agonistes Bêta-3Stimulent les récepteurs Bêta-3 pour relaxer le muscle détrusor.MirabégronHypertension (surveiller la TA), céphalée. Préférable aux anticholinergiques chez les personnes âgées.
Œstrogènes TopiquesRajeunissent les tissus urogénitaux.Crème/comprimé vaginalAbsorption systémique minimale. Utile pour la vaginite atrophique.

3. Prise en Charge Chirurgicale

Envisagée lorsque les thérapies conservatrices et médicales échouent.

  • IUE : Pose de bandelettes sous-urétrales (TVT/TOT), agents de remplissage, colposuspension.
  • IUI : Injections d’OnabotulinumtoxineA (Botox), neuromodulation sacrée.
  • IU par Débordement : Cathétérisme (auto-sondage intermittent propre – ASC est préféré à la sonde à demeure), RTUP (pour HBP).

Lignes Directrices Canadiennes (ACU et SOGC)

Pour l’EACMC1, l’adhésion aux lignes directrices canadiennes est obligatoire.

  • Choisir avec soin Canada : Ne pas traiter l’asymptomatique bactériurie par des antibiotiques chez les personnes âgées, sauf en présence de symptômes urinaires spécifiques. La confusion seule est rarement un symptôme d’IU en l’absence de fièvre ou de dysurie.
  • Lignes directrices de l’ACU sur la VH :
    1. Le diagnostic est principalement clinique; l’urodynamie n’est pas systématiquement requise pour les cas non compliqués.
    2. Utiliser des formulations à libération prolongée des anticholinergiques pour minimiser les effets secondaires.
    3. Envisager le Mirabégron chez les patients à risque de dysfonctionnement cognitif (ex. : personnes âgées).
  • Lignes directrices de la SOGC sur l’IUE :
    1. L’EMPP est le traitement de première ligne recommandé.
    2. Les pessaires peuvent être offerts comme option non chirurgicale pour l’IUE et le prolapsus.

Points Clés à Retenir pour l’EACMC1

  • La Différenciation est Cruciale : Différencier l’Effort vs l’Impériosité vs le Débordement dicte la prise en charge.
  • La Première Ligne est Toujours Non Invasive : Modifications du mode de vie et physiothérapie (EMPP/Entraînement vésical) avant les médicaments.
  • Soins aux Personnes Âgées : Soyez extrêmement prudent avec les anticholinergiques chez les personnes âgées (risque de délire).
  • Investigation : L’analyse d’urine est le test de laboratoire initial le plus important.
  • Signes d’Alerte : L’hématurie indolore chez un patient présentant des symptômes irritatifs mictionnels nécessite une cystoscopie pour écarter un cancer de la vessie.

Question d’Exemple

Scénario Clinique

Une femme de 58 ans consulte son médecin de famille pour une perte involontaire d’urine. Elle rapporte que cela se produit principalement lorsqu’elle tousse, éternue ou soulève ses petits-enfants. Elle nie tout besoin urgent d’uriner avant la fuite, toute dysurie ou hématurie. Elle n’a aucun antécédent de maladie neurologique. Son IMC est de 32 kg/m². L’examen physique révèle une légère fuite d’urine lors de la toux en position couchée. L’analyse d’urine est sans particularité.

Question

Laquelle des mesures suivantes constitue la prise en charge initiale la plus appropriée pour cette patiente ?

  • A. Prescription d’oxybutynine orale
  • B. Référence pour une chirurgie de bandelette sous-urétrale
  • C. Test urodynamique
  • D. Entraînement des muscles du plancher pelvien
  • E. Cystoscopie

Cliquer pour révéler la réponse et l’explication

Explication

La bonne réponse est :

  • D. Entraînement des muscles du plancher pelvien

Explication Détaillée :

  • Diagnostic : Les antécédents de la patiente (fuite lors de l’augmentation de la pression intra-abdominale : toux, éternuements, soulèvement) et l’absence d’urgence suggèrent une Incontinence Urinaire d’Effort (IUE).
  • Option D (Correcte) : Selon les lignes directrices de la SOGC et de l’ACU, la prise en charge de première ligne pour l’IUE non compliquée est un traitement conservateur, spécifiquement l’Entraînement des Muscles du Plancher Pelvien (EMPP) et la perte de poids (étant donné son IMC de 32). C’est une approche non invasive qui présente un taux de succès élevé pour l’amélioration des symptômes.
  • Option A (Incorrecte) : L’oxybutynine est un anticholinergique utilisé pour l’Incontinence par Impériosité (Vessie Hyperactive). Elle n’est pas efficace contre l’Incontinence d’Effort.
  • Option B (Incorrecte) : La chirurgie (bandelette sous-urétrale) est très efficace pour l’IUE, mais elle est réservée aux patientes qui n’ont pas répondu aux traitements conservateurs. Ce n’est pas l’étape initiale.
  • Option C (Incorrecte) : Le test urodynamique n’est pas indiqué pour l’évaluation initiale d’une IUE non compliquée. Il est réservé aux cas complexes ou avant une chirurgie.
  • Option E (Incorrecte) : La cystoscopie est indiquée en présence de signes d’alerte (hématurie, douleur, infections récurrentes) ou d’incertitude diagnostique. Cette patiente présente un tableau clinique classique et une analyse d’urine normale.

Références

  1. Association Urologique Canadienne (ACU). Ligne directrice pour le diagnostic et le traitement de la vessie hyperactive (VH) chez la population adulte. J Urol Assoc Can.
  2. Société des Obstétriciens et Gynécologues du Canada (SOGC). Prise en charge conservatrice de l’incontinence urinaire. J Obstet Gynaecol Can.
  3. Conseil Médical du Canada. Objectifs de l’examen de compétences (EACMC) Partie I.
  4. Choisir avec soin Canada. Recommandations en gériatrie et en urologie. Disponible à choosingwiselycanada.org .
  5. Toronto Notes. Chapitre Urologie, section Incontinence Urinaire.

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