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Troubles Somatiques et Troubles Apparentés

Introduction

Les troubles somatiques et troubles apparentés constituent un groupe d’affections psychiatriques caractérisées par des symptômes somatiques proéminents associés à une détresse et une altération significatives. Pour l’EACMC1, la compréhension de ces troubles est cruciale, car ils sont fréquemment rencontrés dans les milieux de soins primaires canadiens.

Ces troubles mettent à l’épreuve les rôles CanMEDS d’Expert médical et de Communicateur, nécessitant un équilibre entre l’élimination d’une pathologie organique et l’évitement d’investigations inutiles (Choisir avec soin Canada).

💡

Aperçu EACMC1 : Le DSM-5 a abandonné le terme « Troubles somatoformes ». L’accent est désormais mis sur les symptômes positifs (symptômes somatiques angoissants plus pensées/sentiments/comportements anormaux) plutôt que sur l’absence d’explication médicale.


Classification et Critères du DSM-5-TR

Les principaux troubles de cette catégorie pertinents pour la préparation à l’EACMC1 comprennent :

  1. Trouble à prédominance de symptômes somatiques (TSS)
  2. Trouble d’anxiété liée à la maladie (TALM)
  3. Trouble de conversion (Trouble neurologique fonctionnel)
  4. Trouble factice
  5. Conditions médicales affectées par des facteurs psychologiques

Trouble à prédominance de symptômes somatiques (TSS)

  • Caractéristique principale : Un ou plusieurs symptômes somatiques qui sont pénibles ou entraînent une perturbation significative de la vie quotidienne.
  • Critères psychologiques : Pensées, sentiments ou comportements excessifs liés aux symptômes somatiques ou aux préoccupations de santé associées, manifestés par au moins un des éléments suivants :
    1. Pensées disproportionnées et persistantes concernant la gravité des symptômes.
    2. Niveau d’anxiété élevé et persistant concernant la santé ou les symptômes.
    3. Temps et énergie excessifs consacrés à ces symptômes ou à ces préoccupations de santé.
  • Durée : Bien qu’un symptôme somatique puisse ne pas être présent en continu, l’état symptomatique est persistant (typiquement > 6 mois).

Diagnostic Différentiel : Le Spectre de « l’Intention »

L’un des concepts à haut rendement pour l’EACMC1 est de distinguer les troubles somatiques, le trouble factice et la simulation.

ConditionProduction des symptômesMotivationConscience Volontaire
Trouble à prédominance de symptômes somatiquesInconscienteInconsciente (Détresse psychologique convertie en physique)Non
Trouble de conversionInconscienteInconscienteNon
Trouble facticeConscienteInconsciente/Interne (Pour assumer le « rôle de malade »)Oui (de l’action), Non (de la motivation)
SimulationConscienteConsciente/Externe (Argent, drogues, éviter la prison/le travail)Oui

⚠️ Note sur la Simulation

La simulation n’est pas un trouble psychiatrique dans le DSM-5; c’est un « code V » (affection pouvant être un foyer de préoccupation clinique). Recherchez des incohérences entre la détresse alléguée et les résultats objectifs, ou un manque de coopération à l’évaluation.


Épidémiologie au Canada

  • Prévalence : La prévalence du trouble à prédominance de symptômes somatiques est estimée à 5–7 % de la population générale.
  • Soins primaires : Les symptômes somatiques représentent une part importante des visites chez les médecins de famille canadiens.
  • Genre : Plus fréquent chez les femmes.
  • Comorbidité : Taux élevés de troubles anxieux et dépressifs comorbides.

Approche de prise en charge (Contexte canadien)

La prise en charge nécessite une solide relation médecin-patient. L’objectif est souvent le soin, pas la guérison — se concentrer sur l’amélioration fonctionnelle plutôt que sur l’élimination totale des symptômes.

Étape 1 : Établir une alliance thérapeutique

Validez la souffrance du patient. Évitez de dire : « Tout est dans votre tête ». Dites plutôt : « Je crois que votre douleur est réelle, même si nos tests n’ont pas révélé de cause structurelle. » Cela correspond au rôle de Communicateur.

Étape 2 : Histoire et investigations limitées

Effectuez une anamnèse et un examen physique approfondis. N’ordonnez des investigations que si des signes objectifs l’indiquent.

  • Choisir avec soin Canada : Évitez de répéter les investigations pour des symptômes stables.
  • Examinez l’historique de « magasinage de médecins » (courant dans les dossiers de santé électroniques provinciaux canadiens comme ConnectingOntario ou Pharmanet).

Étape 3 : Visites régulières et planifiées

Planifiez des rencontres brèves et régulières (ex. : toutes les 4 à 6 semaines) plutôt que des visites « au besoin » (prn). Cela réduit l’anxiété et les visites aux urgences.

Étape 4 : Déplacer l’accent sur la fonction

Demandez : « Qu’êtes-vous incapable de faire à cause de ce symptôme ? » Fixez de petits objectifs fonctionnels (ex. : marcher 10 minutes par jour) plutôt que des objectifs sans douleur.

Étape 5 : Psychothérapie

La Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est le traitement psychologique de première ligne. Elle remet en question les croyances inadaptées concernant la maladie.

Étape 6 : Pharmacothérapie

Les médicaments sont une seconde ligne ou sont utilisés pour les comorbidités (Anxiété/Dépression).

  • ISRS/IRSNa : (ex. : Fluoxétine, Venlafaxine) peuvent aider à la modulation de la douleur et à l’anxiété sous-jacente.
  • À éviter : Les opioïdes et les benzodiazépines en raison du risque élevé de dépendance.

L’approche CARE MD

Un moyen mnémotechnique utile pour la gestion dans les soins primaires :

Stratégie CARE MD

  • C - Comportementale (TCC) / Consultation (Psychiatrie)
  • A - Asséssment des autres conditions médicales/psychiatriques (Écarter la dépression)
  • R - Rendez-vous réguliers (Contingents sur le temps, non sur les symptômes)
  • E - Empathie (Valider la souffrance)
  • M - Médecine-Psychiatrie (Éducation sur le lien corps-esprit)
  • D - Dire non aux méfaits (Limiter les tests/références)

Lignes directrices et ressources canadiennes

  • Choisir avec soin Canada : Conseille spécifiquement de ne pas effectuer d’imagerie pour les lombalgies, sauf en présence de « drapeaux rouges ». Ceci est très pertinent pour les patients atteints de TSS présentant une douleur chronique.
  • Réseau canadien pour les troubles de l’humeur et de l’anxiété (RCNTHA) : Bien que centré sur l’humeur/l’anxiété, leurs lignes directrices sur la pharmacothérapie de première ligne (ISRS/IRSNa) s’appliquent aux comorbidités souvent observées dans le TSS.
  • Collèges des médecins et chirurgiens (ex. : CPSO) : Soulignent le devoir de signaler si un patient conduit dangereusement en raison d’une affection médicale (pertinent pour le trouble de conversion avec crises/syncope).

Points clés à retenir pour l’EACMC1

  1. Diagnostic d’exclusion ? Non. Bien que vous deviez écarter la maladie organique, le TSS est diagnostiqué par la présence de pensées/sentiments inadaptés concernant les symptômes, et non seulement par des tests négatifs.
  2. Signe de Hoover : Un signe classique pour la faiblesse fonctionnelle (Trouble de conversion). L’extension de la jambe « normale » se produit lorsque le patient est invité à fléchir la jambe « paralysée » contre résistance.
  3. La belle indifférence : Un signe classique (mais non sensible) dans le trouble de conversion où le patient semble peu préoccupé par un symptôme grave (ex. : cécité ou paralysie).
  4. Contre-transfert : Soyez conscient de votre propre frustration. Ces patients peuvent être perçus comme « difficiles ». L’examen pourrait tester votre capacité à maintenir votre professionnalisme.
  5. Factice vs Simulation : Recherchez la récompense. Si c’est pour être un « patient », c’est factice. Si c’est pour de l’argent/éviter le travail, c’est de la simulation.

Question d’exemple

Présentation de cas

Une femme de 28 ans consulte son médecin de famille se plaignant de ballonnements abdominaux « insupportables », de douleurs articulaires intermittentes et de « picotements » dans les mains. Elle apporte un classeur d’impressions Internet concernant les maladies auto-immunes. Au cours des 8 derniers mois, elle a consulté le service des urgences six fois et a vu trois spécialistes différents (Gastroentérologie, Rhumatologie, Neurologie), tous n’ayant trouvé aucune pathologie organique. Son examen physique aujourd’hui est sans particularité. Elle déclare : « Je passe toute la journée à penser à la maladie que je pourrais avoir; je ne peux pas me concentrer sur mon travail. » Elle est en larmes et insiste pour passer une IRM.

Question

Laquelle des mesures de prise en charge initiales suivantes est la plus appropriée ?

  • A. La référer à un quatrième spécialiste (Immunologie) pour la rassurer.
  • B. Commander une IRM complète du corps pour écarter définitivement toute pathologie.
  • C. Planifier des rendez-vous de suivi brefs et réguliers avec le médecin de famille.
  • D. Prescrire une benzodiazépine à forte dose pour l’anxiété.
  • E. Confrontée la patiente en affirmant que ses symptômes ne sont pas réels.

Explication

La bonne réponse est :

  • C. Planifier des rendez-vous de suivi brefs et réguliers avec le médecin de famille.

Explication détaillée : La patiente répond aux critères du Trouble à prédominance de symptômes somatiques (symptômes somatiques causant une détresse, temps/énergie excessifs consacrés aux symptômes, durée > 6 mois).

  • Option C est la norme de référence pour la prise en charge dans les soins primaires. Des visites régulières, contingentes sur le temps (ex. : toutes les 4 semaines), empêchent le patient de générer de nouveaux symptômes pour « mériter » une visite médicale. Elle établit une alliance thérapeutique et permet une éducation progressive sur les mécanismes d’adaptation.
  • L’option A renforce le comportement inadapté de la patiente (magasinage de médecins) et fragmente les soins.
  • L’option B viole les principes de Choisir avec soin. Les tests inutiles entraînent des découvertes fortuites et une anxiété accrue.
  • L’option D est incorrecte. Les benzodiazépines présentent un risque élevé de dépendance et ne traitent pas les distorsions cognitives fondamentales. Les ISRS seraient la pharmacothérapie préférée si indiquée.
  • L’option E nuit à l’alliance thérapeutique. La souffrance du patient est réelle, même si la cause n’est pas organique.

Références

  1. American Psychiatric Association. (2022). Diagnostic and statistical manual of mental disorders (5th ed., text rev.).
  2. Conseil médical du Canada. (n.d.). Objectifs des questions à choix multiples et de la prise de décision clinique de l’examen de la partie I de l’EACMC.
  3. Kurlansik, K., & Maffei, M. S. (2016). Somatic Symptom Disorder. American Family Physician, 93(1), 49-54.
  4. Choisir avec soin Canada. (n.d.). Recommandations en médecine familiale. Récupéré de choosingwiselycanada.org 
  5. Toronto Notes. (2023). Psychiatry Chapter: Somatic Symptom and Related Disorders.


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