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Rencontre de santé périodique et conseils de prévention

Introduction

La Rencontre de santé périodique (RSP) a beaucoup évolué par rapport à l’examen physique annuel traditionnel. Dans le contexte de la préparation à l’EACMC1, il est crucial de comprendre que la pratique médicale canadienne privilégie une approche fondée sur des données probantes et stratifiée selon les risques, plutôt qu’un examen annuel universel.

Ce sujet relève de la catégorie Aspects organisationnels, juridiques, éthiques et de santé de la population en médecine (AJOESP). Pour l’EACMC1, vous devez démontrer les rôles Défenseur de la santé et Apprenti du CanMEDS en appliquant les lignes directrices actuelles à des patients individuels.

🇨🇦 Contexte canadien

Le Groupe de travail canadien sur la médecine préventive (GTFSP) est la principale autorité pour les lignes directrices de dépistage au Canada. Contrairement à l’USPSTF (É.-U.), les lignes directrices du GTFSP sont spécifiquement adaptées à la population et au système de santé canadiens.


Principes du dépistage

Avant de mémoriser les lignes directrices, comprenez les critères d’un test de dépistage valide (critères de Wilson et Jungner), un concept fréquent dans les questions de Santé publique à l’EACMC1.

  1. La maladie doit être un problème de santé important.
  2. Il doit exister un traitement reconnu pour les patients chez qui la maladie est diagnostiquée.
  3. Des installations de diagnostic et de traitement doivent être disponibles.
  4. Il doit exister un stade latent ou précoce symptomatique reconnaissable.
  5. Il doit exister un test ou un examen approprié.
  6. Le test doit être acceptable pour la population.

Système de classement du GTFSP

Comprendre la force des recommandations est essentiel pour les questions de prise de décision clinique.

ClassementDéfinitionAction clinique
FortCertitude élevée que les bénéfices l’emportent sur les préjudices (ou vice versa).Faire. (ou Ne pas faire).
FaibleLes bénéfices et les préjudices sont étroitement équilibrés, ou les données probantes sont moins solides.Prise de décision partagée. Discuter des préférences avec le patient.
IDonnées probantes insuffisantes.Utiliser le jugement clinique; les données probantes font défaut.

Structure de la visite de santé périodique

Une approche systématique garantit qu’aucune occasion de prévention n’est manquée.

Étape 1 : Évaluation des risques et anamnèse

Mettre à jour les antécédents familiaux (risques génétiques), les antécédents sociaux (tabagisme, alcool, logement) et l’évaluation fonctionnelle. Cela détermine si un patient est à « risque moyen » ou à « risque élevé ».

Étape 2 : Examen physique

Effectuer un examen ciblé basé sur l’âge et le sexe (ex. : tension artérielle, IMC). Note : Un examen « de la tête aux pieds » n’est généralement pas indiqué pour les adultes asymptomatiques.

Étape 3 : Dépistage (Prévention secondaire)

Appliquer les lignes directrices du GTFSP pour les cancers, les affections métaboliques et les maladies vasculaires.

Étape 4 : Immunisation (Prévention primaire)

Examiner et mettre à jour les vaccins en fonction des lignes directrices du Comité consultatif national sur l’immunisation (CCNI).

Étape 5 : Conseil (Promotion de la santé)

Aborder les facteurs liés au mode de vie : Tabac, Nutrition, Alcool, Activité physique (TNAA).


Lignes directrices cliniques canadiennes pour le dépistage

Cette section est à fort rendement pour l’EACMC1. Les lignes directrices changent; assurez-vous de connaître les recommandations les plus récentes du GTFSP.

Dépistage du cancer (Risque moyen)

Population : Femmes âgées de 50 à 74 ans.

Intervention : Mammographie de dépistage.

Fréquence : Tous les 2 à 3 ans.

Note clé :

  • 40–49 ans : La décision de dépister est conditionnelle (recommandation faible). Discuter des valeurs et des préférences.
  • Examen clinique du sein (ECS) : Le GTFSP recommande de ne pas effectuer d’ECS pour le dépistage.
  • Auto-examen : Le GTFSP recommande de ne pas effectuer d’auto-examen du sein.

Dépistage cardiovasculaire et métabolique

  • Hypertension artérielle : Dépister tous les adultes de 18 ans et plus à toutes les visites de soins primaires appropriées.
  • Diabète (Type 2) :
    • Dépister à l’aide de l’HbA1c ou de la glycémie à jeun.
    • Commencer à 40 ans pour le risque moyen.
    • Dépister plus tôt/plus fréquemment s’il existe des facteurs de risque (les populations à risque élevé comprennent les peuples autochtones, les personnes d’ascendance sud-asiatique, africaine ou hispanique).
    • Utiliser le questionnaire CANRISK.
  • Dyslipidémie :
    • Hommes : Âge >40 ans.
    • Femmes : Âge >40 ans ou ménopausées.
    • Plus tôt en présence de facteurs de risque (ex. : tabagisme, diabète, HTA, antécédents familiaux).
    • Calculer le Score de risque de Framingham (SRF) pour déterminer l’admissibilité à une statine.
  • Anévrisme de l’aorte abdominale (AAA) :
    • Population : Hommes âgés de 65 à 80 ans.
    • Intervention : Échographie abdominale unique.
    • Recommandation : Recommandation faible en faveur. Les femmes ne sont généralement pas dépistées.

Autres dépistages spécifiques

  • Ostéoporose : Femmes de plus de 65 ans (scan DEXA). Hommes/Femmes de moins de 65 ans uniquement en présence de facteurs de risque (ex. : utilisation prolongée de stéroïdes, fracture de fragilité). Utiliser les outils FRAX ou CAROC.
  • Hépatite C : Dépister les adultes nés entre 1945 et 1975 (cohorte Boomer) ou ceux présentant des facteurs de risque (toxicomanie par voie intraveineuse).
  • Chlamydia/Gonorrhée : Femmes sexuellement actives de moins de 25 ans et autres groupes à risque élevé.

Immunisation (Adultes)

Consulter le Guide canadien d’immunisation.

  • Tétanos/Diphtérie (Td) : Tous les 10 ans. (Remplacer une dose par le Tdap pour couvrir la Coqueluche chez l’adulte, surtout en prévision d’un contact avec des nourrissons).
  • Influenza : Annuellement pour toutes les personnes de plus de 6 mois.
  • Pneumocoque :
    • Le Pneu-C-20 (Prevnar 20) devient de plus en plus la norme pour les adultes de plus de 65 ans ou immunodéprimés (remplaçant la séquence Pneu-C-13 + Pneu-P-23 dans de nombreuses lignes directrices).
  • Zona (Herpès zoster) :
    • Vaccin anti-zona recombinant (Shingrix).
    • Adultes de plus de 50 ans (2 doses, espacées de 2 à 6 mois).
  • VPH : Indiqué pour les hommes et les femmes jusqu’à 45 ans (et potentiellement plus âgés selon le risque).

Soins préventifs pédiatriques et adolescents

Pour la Pédiatrie à l’EACMC1, familiarisez-vous avec ces outils spécifiques :

  1. Dossier bébé Rourke (DBR) : Guide fondé sur des preuves pour les enfants de 0 à 5 ans. Couvre la croissance, la nutrition, le développement et l’immunisation.
  2. Dossier de santé Greig : Pour les enfants et adolescents de 6 à 17 ans. Se concentre sur la santé psychosociale (HEEADSSS), le temps d’écran et la santé mentale.
🧠

Mnémonique : HEEADSSS (Anamnèse psychosociale de l’adolescent)

  • Habitation
  • Éducation/Emploi
  • Alimentation
  • Activités
  • Drogues
  • Sexualité
  • Suicide/Dépression
  • Sécurité

Points clés à retenir pour l’EACMC1

  • Choisir avec soin Canada : Soyez conscient de ce qu’il ne faut pas faire. Ne demandez pas d’ECG, de radiographies thoraciques ou d’analyses d’urine pour les adultes asymptomatiques à faible risque.
  • Cancer du col de l’utérus : Le dépistage commence à 25 ans, quel que soit l’âge de début de l’activité sexuelle.
  • Cancer du sein : Pas d’auto-examen, pas d’examen clinique du sein pour le dépistage.
  • Cancer de la prostate : L’APS n’est pas un dépistage de routine; il nécessite une discussion sur les risques et les bénéfices.
  • Santé autochtone : Soyez conscient des risques plus élevés de diabète (dépister plus tôt), de tuberculose et de déterminants sociaux spécifiques de la santé.

Question d’exemple

Présentation du cas

Un homme de 67 ans se présente à votre clinique pour un examen de santé périodique. Il se sent bien et n’a aucune plainte spécifique. Ses antécédents médicaux comprennent une hypertension artérielle, bien contrôlée sous amlodipine. Il fumait 1 paquet de cigarettes par jour pendant 25 ans, mais a cessé il y a 10 ans. Il consomme 1 à 2 bières les fins de semaine. Son père est décédé d’un infarctus du myocarde à 72 ans.

L’examen physique révèle une tension artérielle de 128/78 mmHg et un IMC de 27 kg/m². Ses examens cardiaque et pulmonaire sont sans particularité. Sa dernière coloscopie remonte à 3 ans et était normale.

Question

Laquelle des interventions de dépistage suivantes est la plus appropriée pour ce patient lors de cette visite?

  • A. Dosage de l’antigène prostatique spécifique (APS)
  • B. Tomodensitométrie thoracique à faible dose (TDM faible dose)
  • C. Échographie abdominale
  • D. Électrocardiogramme (ECG) au repos
  • E. Échographie Doppler des artères carotides

Explication

La bonne réponse est :

  • C. Échographie abdominale

Analyse détaillée :

  • C est correct : Le Groupe de travail canadien sur la médecine préventive (GTFSP) recommande un dépistage unique de l’Anévrisme de l’aorte abdominale (AAA) par échographie abdominale chez les hommes âgés de 65 à 80 ans. Ce patient a 67 ans, ce qui en fait un candidat idéal. Le bénéfice est la réduction de la mortalité liée à la rupture de l’AAA.
  • A est incorrect : Le GTFSP recommande de ne pas effectuer de dépistage de l’APS pour le cancer de la prostate dans la population générale. Bien que certaines lignes directrices suggèrent une prise de décision partagée, ce n’est pas la recommandation claire la plus appropriée par rapport au dépistage de l’AAA dans ce contexte.
  • B est incorrect : Bien que ce patient ait des antécédents de tabagisme importants, les critères pour le dépistage du cancer du poumon (TDM faible dose) exigent généralement un historique de 30 années-paquets. Ce patient présente un historique de 25 années-paquets (1 paquet/jour × 25 ans). Par conséquent, il ne répond pas strictement aux critères de dépistage par TDM faible dose.
  • D est incorrect : Le GTFSP et Choisir avec soin Canada recommandent de ne pas effectuer d’ECG au repos chez les adultes asymptomatiques présentant un risque faible ou intermédiaire de maladie coronarienne.
  • E est incorrect : Le GTFSP recommande de ne pas dépister la sténose de l’artère carotide chez les patients asymptomatiques (recommandation de grade D) en raison du taux élevé de faux positifs et des risques liés aux interventions de suivi.

Références

  1. Groupe de travail canadien sur la médecine préventive. (s.d.). Lignes directrices publiées. Récupéré de canadiantaskforce.ca 
  2. Agence de la santé publique du Canada. (2024). Guide canadien d’immunisation. Récupéré de canada.ca 
  3. Choisir avec soin Canada. (s.d.). Recommandations en médecine familiale. Récupéré de choosingwiselycanada.org 
  4. Dossier bébé Rourke. (2020). Guide de maintien de la santé fondé sur des preuves pour les nourrissons et les enfants.
  5. Conseil médical du Canada. (s.d.). Objectifs de l’examen de la partie I de l’EACMC : Santé de la population.
Avis de non-responsabilité : Les lignes directrices médicales sont sujettes à changement. Veuillez toujours vous référer aux lignes directrices canadiennes les plus récentes pour la pratique clinique. Ce contenu est conçu à des fins éducatives pour l’examen de l’EACMC1.

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