Santé des peuples autochtones
Introduction à la santé des peuples autochtones au Canada
Pour l’EACMC1 et le cadre CanMEDS (spécifiquement les rôles de Défenseur des patients et de Communicateur), il est essentiel de comprendre la santé des peuples autochtones. Cela implique de reconnaître les contextes historiques, politiques et sociaux uniques qui façonnent les résultats de santé des peuples autochtones au Canada.
Les peuples autochtones du Canada ne forment pas un groupe homogène. La Loi constitutionnelle de 1982 reconnaît trois groupes distincts :
- Premières Nations (avec statut et sans statut)
- Inuits
- Métis
Concept à haut rendement pour l’EACMC1 : Ne généralisez pas. Chaque groupe possède des langues, des cultures, des traités et des relations distincts avec les gouvernements fédéral et provinciaux. Comprendre ces distinctions est vital pour une coordination appropriée des soins (par exemple, les avantages sociaux pour les soins de santé non assurés ou ASCSN).
Contexte historique et déterminants sociaux
Pour bien réussir la section SPESL (Santé des populations, Éthique, Législation et Organisation) de l’EACMC1, vous devez comprendre les causes profondes des inégalités en matière de santé.
L’impact du colonialisme
Les disparités actuelles en matière de santé sont directement liées à l’histoire de la colonisation, notamment :
- Écoles résidentielles : Assimilation forcée, abus et perte de culture/langue.
- La « rafle des années 60 » : Retrait massif d’enfants autochtones de leurs familles vers le système de protection de l’enfance.
- Hôpitaux pour Indiens : Établissements de soins de santé ségrégués offrant des soins de qualité inférieure.
Traumatisme intergénérationnel
La blessure émotionnelle et psychologique cumulative sur la durée de vie et à travers les générations, émanant d’un traumatisme de groupe massif. C’est un moteur clé des taux plus élevés de problèmes de santé mentale, de toxicomanie et de suicide dans certaines communautés.
Déterminants de la santé : La métaphore de l’arbre
La santé des peuples autochtones est souvent expliquée à l’aide d’une métaphore de « l’arbre » pour catégoriser les déterminants.
| Catégorie | Description | Exemples |
|---|---|---|
| Proximaux (Couronne/Feuilles) | Déterminants directs ayant un impact immédiat sur la santé. | Logement, qualité de l’eau, nutrition, environnements physiques, littératie. |
| Intermédiaires (Tronc) | Systèmes qui facilitent ou entravent les déterminants proximaux. | Systèmes de soins de santé, systèmes éducatifs, infrastructures communautaires, intendance environnementale. |
| Distaux (Racines) | Fondations historiques, politiques et sociales profondes. | Colonialisme, racisme, autodétermination, Loi sur les Indiens. |
Sécurité et compétence culturelles
L’EACMC1 évalue votre capacité à pratiquer d’une manière culturellement sécuritaire.
Sensibilisation culturelle
Sensibilisation culturelle : Reconnaître qu’il existe des différences entre les personnes. C’est la première étape pour comprendre qu’il existe des différences entre les individus.
Épidémiologie et problèmes de santé spécifiques
Bien qu’il faille éviter les stéréotypes, les candidats doivent être conscients des tendances épidémiologiques pour l’EACMC1 afin de formuler des diagnostics différentiels appropriés.
1. Maladies chroniques
- Diabète de type 2 : La prévalence est 3 à 5 fois plus élevée que dans la population générale. L’apparition est souvent plus précoce (y compris chez les enfants).
- Maladie rénale : Taux plus élevés d’insuffisance rénale terminale (IRT), souvent secondaire au diabète.
2. Maladies infectieuses
- Tuberculose (TB) :
- Le taux est significativement plus élevé dans la population Inuite (jusqu’à 300 fois le taux des personnes non autochtones nées au Canada).
- Conseil EACMC1 : Toujours envisager la TB dans le diagnostic différentiel d’une toux chronique chez les patients provenant de l’Inuit Nunangat.
- H. pylori : Prévalence plus élevée, entraînant des risques accrus de gastrite et de cancer gastrique.
- SARM : Le SARM communautaire est plus prévalent dans certaines communautés en raison de problèmes de surpeuplement/logement.
3. Santé mentale et suicide
- Les taux de suicide sont significativement plus élevés, en particulier chez les jeunes Inuits et les hommes des Premières Nations.
- L’étiologie est liée au traumatisme intergénérationnel et à la colonisation, et non à une pathologie inhérente.
4. Santé maternelle et infantile
- Taux de mortalité infantile plus élevés.
- Taux de syndrome de mort subite du nourrisson (SMSN) plus élevés.
- Problèmes liés à l’évacuation pour l’accouchement (femmes forcées de quitter des communautés éloignées pour accoucher en ville).
Principes et lignes directrices canadiens
La familiarité avec ces rapports et principes est essentielle pour les aspects Éthiques et Légaux de l’examen.
La Commission de vérité et réconciliation (CVR)
La CVR a publié 94 appels à l’action. Les appels 18 à 24 portent spécifiquement sur la santé.
- Reconnaître que les écarts actuels en matière de santé sont le résultat des politiques gouvernementales (écoles résidentielles).
- Reconnaître les besoins de santé distincts des peuples vivant hors réserve, des Métis et des Inuits.
- Fournir un financement durable pour les centres de guérison.
- Cours sur la santé des peuples autochtones pour les étudiants en médecine et en sciences infirmières.
Le principe de Jordan
Définition : Une exigence légale pour garantir que les enfants des Premières Nations puissent accéder à tous les services publics (santé, éducation, sociaux) lorsqu’ils en ont besoin.
- La règle : Le gouvernement de premier contact doit payer pour le service sans délai. Les différends de paiement entre les gouvernements fédéral et provinciaux sont résolus après que l’enfant a reçu les soins.
- Portée : S’applique à tous les enfants des Premières Nations (sur réserve et hors réserve).
Le principe de Joyce
Nommé en l’honneur de Joyce Echaquan, ce principe vise à garantir à tous les peuples autochtones le droit à un accès équitable, sans aucune discrimination, à tous les services sociaux et de santé, ainsi que le droit de jouir du meilleur état de santé physique, mentale, émotionnelle et spirituelle possible.
Approche clinique : Le cadre CanMEDS
Comment aborder une station ou un scénario clinique impliquant un patient autochtone.
Étape 1 : Autoréflexion
Vérifiez vos propres biais. Reconnaissez la dynamique de pouvoir entre un médecin et un patient, exacerbée par le traumatisme historique.
Étape 2 : Établir la confiance (Soins centrés sur la relation)
Privilégiez l’établissement de rapports plutôt que la collecte rapide de données.
- « J’aimerais comprendre votre histoire. »
- Permettez les silences.
- Impliquez la famille et les membres de la communauté si le patient le souhaite.
Étape 3 : La double vision (Etuaptmumk)
Intégrer les forces des modes de savoir autochtones (guérison traditionnelle) avec les forces de la médecine occidentale.
- Action : Demandez au patient s’il utilise des médecines traditionnelles. Respectez ces pratiques et recherchez les interactions plutôt que de les rejeter.
Étape 4 : Soins informés par le traumatisme
Supposez une histoire de traumatisme.
- Demandez la permission avant de toucher.
- Expliquez clairement les procédures.
- Évitez la re-traumatisation.
Étape 5 : Plaidoyer (ASCSN)
Soyez au courant du programme des Avantages sociaux pour les soins de santé non assurés (ASCSN), qui couvre les médicaments, les soins dentaires, la vision et le transport pour les clients éligibles des Premières Nations et Inuits.
Points clés à retenir pour l’EACMC1
- Juridiction : Les soins de santé sont généralement provinciaux, mais les soins de santé pour les Premières Nations sur réserve et les Inuits sont souvent une responsabilité fédérale partagée (Affaires autochtones Services Canada).
- Consentement : Les règles standard de consentement s’appliquent, mais soyez hyper-vigilant quant à la coercition historique (par exemple, stérilisation forcée). Assurez-vous que le consentement est véritablement éclairé et volontaire.
- Nutrition : L’insécurité alimentaire est élevée dans le Nord canadien (Inuit Nunangat) en raison des coûts élevés. Recommandez des changements alimentaires réalistes (par exemple, les aliments traditionnels du pays sont souvent plus sains et plus appropriés sur le plan culturel que les produits importés coûteux).
- Résistance aux antibiotiques : Soyez conscient des taux élevés de SARM communautaire dans certaines communautés; suivez les antibiogrammes locaux.
- Vaccination : Les lignes directrices de l’eNAC recommandent souvent des calendriers spécifiques pour les communautés autochtones (par exemple, vaccination antipneumococcique plus précoce, vaccination contre l’hépatite A dans les communautés susceptibles).
Question d’exemple
Un garçon des Premières Nations âgé de 6 ans se présente à la clinique avec des caries dentaires sévères nécessitant une extraction et une restauration étendues sous anesthésie générale. Le garçon vit dans une réserve. Le chirurgien-dentiste pédiatrique recommandé est situé dans une ville à 400 km de distance. La famille exprime son inquiétude quant à l’annulation précédente de la procédure parce que la régie provinciale de la santé et le gouvernement fédéral n’arrivaient pas à s’entendre sur qui financerait le transport médical et les coûts de l’anesthésie. L’enfant souffre et a des difficultés à manger.
Lequel des principes suivants est le plus approprié à invoquer pour garantir que cet enfant reçoive des soins immédiats?
- A. La Loi canadienne sur la santé
- B. La Loi sur les Indiens
- C. Le principe de Jordan
- D. La Loi sur les bons Samaritains
- E. Le principe de Joyce
Explication
La bonne réponse est :
- C. Le principe de Jordan
Explication : Le principe de Jordan est un principe avant tout axé sur l’enfant, destiné à garantir que les enfants des Premières Nations ne subissent pas de refus, de retards ou de perturbations de services en raison de différends juridictionnels entre les gouvernements fédéral et provinciaux/territoriaux. Il stipule que le gouvernement de premier contact doit payer pour le service et régler les différends juridictionnels/de paiement ultérieurement. Ce scénario décrit un différend juridictionnel classique entraînant un retard dans les soins d’un enfant des Premières Nations, ce que le principe de Jordan vise précisément à résoudre.
- A. La Loi canadienne sur la santé : Établit les critères des régimes provinciaux d’assurance maladie (administration publique, globalité, universalité, transférabilité, accessibilité) mais ne traite pas spécifiquement des différends de paiement entre les gouvernements fédéral et provinciaux pour les enfants des Premières Nations.
- B. La Loi sur les Indiens : Une loi fédérale qui régit les questions relatives au statut d’Indien, aux bandes et aux réserves indiennes. Bien qu’elle fournisse le cadre juridique du « statut », ce n’est pas le mécanisme spécifique utilisé pour résoudre les différends immédiats concernant l’accès aux soins pour les enfants.
- D. La Loi sur les bons Samaritains : Protège les personnes qui aident volontairement quelqu’un en cas d’urgence contre toute responsabilité. Cela n’est pas pertinent ici.
- E. Le principe de Joyce : Se concentre sur l’accès équitable sans discrimination et l’élimination du racisme systémique dans les soins de santé, inspiré par le décès de Joyce Echaquan. Bien que pertinent dans le contexte plus large de la santé des peuples autochtones, le principe de Jordan est le mécanisme juridique spécifique abordant les différends de financement des services pour enfants.
Références
- Commission de vérité et réconciliation du Canada. (2015). Commission de vérité et réconciliation du Canada : Appels à l’action. Link
- Affaires autochtones Services Canada. (2023). Principe de Jordan. Gouvernement du Canada. Link
- Centre de collaboration nationale sur la santé autochtone (CCNSa). (2023). Déterminants sociaux de la santé. Link
- Collège des médecins de famille du Canada. (2023). Ressources sur la santé des peuples autochtones.
- Agence de la santé publique du Canada. (2022). Tuberculose au Canada.
- Conseil médical du Canada. (2023). Objectifs de l’EACMC Partie I : Santé des populations. Link