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Concepts de la santé et de ses déterminants

Introduction à la santé des populations pour l’EACMC1

Pour les étudiants en médecine canadiens et les diplômés internationaux qui se préparent à l’EACMC1 (Examen d’aptitude du Conseil médical du Canada, partie I), la compréhension des concepts de la santé et de ses déterminants est fondamentale. Le Conseil médical du Canada (CMC) met l’accent sur une approche de Santé des populations, qui va au-delà du modèle biomédical de traitement des maladies pour comprendre les facteurs sous-jacents qui influencent les résultats de santé.

Ce guide couvre les objectifs PSSELO (Prévention, Santé des populations, Éthique, Légal et Organisationnel) requis pour l’examen, en se concentrant sur les lignes directrices de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) et le rôle d’Avocat de la santé des CanMEDS.

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Contexte canadien : Au Canada, la santé est considérée non seulement comme l’absence de maladie, mais comme une ressource pour la vie quotidienne. Cela s’aligne sur la Charte d’Ottawa sur la promotion de la santé de 1986, un document marquant dans la santé publique mondiale.


Définir la santé et la maladie

Pour répondre efficacement aux questions de l’EACMC1, vous devez distinguer les concepts liés mais distincts :

  • Maladie : Un processus pathologique, souvent physique (ex. : fracture, infection virale).
  • Mal-être (Illness) : L’expérience subjective de mauvaise santé vécue par le patient.
  • Sickness (Maladie sociale) : Le rôle social assumé par un individu qui est malade (ex. : prendre un congé de maladie).

La définition de l’OMS

« La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. » — Organisation mondiale de la Santé (1948)

La définition canadienne de la « Santé des populations »

L’approche canadienne élargit cette définition pour inclure la capacité des personnes à s’adapter, à réagir ou à maîtriser les défis et les changements de la vie.


Déterminants sociaux de la santé (DSS)

Les Déterminants sociaux de la santé sont les conditions spécifiques dans lesquelles les gens naissent, grandissent, vivent, travaillent et vieillissent. Les données suggèrent que les DSS sont des prédicteurs plus importants de l’état de santé que la génétique ou l’accès aux services de soins de santé.

Concept à haut rendement pour l’EACMC1 : L’approche « En amont »

Face à un scénario clinique impliquant un patient ayant des problèmes récurrents (ex. : pneumonie récurrente chez un patient sans-abri), l’EACMC1 teste souvent votre capacité à identifier la cause « en amont » (manque de logement) plutôt que seulement le traitement médical « en aval » (antibiotiques).

Déterminants clés au Canada

L’Agence de la santé publique du Canada identifie 12 déterminants clés :

1. Revenu et statut social : Le déterminant le plus important de la santé au Canada.
2. Emploi et conditions de travail : Le chômage et les milieux de travail non sécuritaires sont corrélés à une mauvaise santé.
3. Éducation et alphabétisation : Un niveau d’éducation plus élevé est corrélé à de meilleurs résultats de santé et à une meilleure littératie en santé.
4. Réseaux de soutien social : Le soutien de la famille et des communautés amortit le stress.

Déterminants supplémentaires spécifiques au Canada

  • Culture : Pratiques culturelles et marginalisation de certaines cultures.
  • Genre : Rôles socialement construits affectant les comportements de santé et l’accès.
  • Statut autochtone : Un déterminant distinct en raison de l’héritage de la colonisation, des pensionnats indiens et du racisme systémique.

Équité en santé et Égalité en santé

Comprendre la différence entre l’équité et l’égalité est crucial pour le rôle d’Avocat de la santé des CanMEDS.

ConceptDéfinitionApplication EACMC1
ÉgalitéTraiter tout le monde de la même manière (donner à chacun la même caisse pour se tenir debout).Souvent insuffisant dans la pratique clinique si les patients partent de bases différentes.
ÉquitéDonner à chacun ce dont il a besoin pour réussir (donner des caisses seulement à ceux qui ne peuvent pas voir par-dessus la clôture).Allocation des ressources en fonction des besoins (ex. : programmes spécifiques pour les populations des centres-villes).
InégalitéDifférences dans l’état de santé entre les groupes.Observation statistique.
IniquitéDifférences dans la santé qui sont injustes, inéquitables et évitables.Nécessite une intervention politique et de plaidoyer.

Niveaux de prévention

L’EACMC1 teste fréquemment votre capacité à classer les interventions médicales dans le bon niveau de prévention.

Prévention primordiale

Prévenir l’apparition de facteurs de risque dans la population générale.

Ex. : Taxes sur les boissons sucrées pour prévenir l’obésité.

Prévention primaire

Prévenir la maladie avant qu’elle ne survienne chez les individus à risque (Modification des facteurs de risque).

Ex. : Vaccination contre le VPH; Conseil pour l’arrêt du tabac.

Prévention secondaire

Détection précoce de la maladie (dépistage) pour prévenir sa progression.

Ex. : Frottis cervico-vaginal; Coloscopie; Mammographie.

Prévention tertiaire

Gestion d’une maladie établie pour prévenir les complications et maximiser la fonction.

Ex. : Réadaptation cardiaque post-infarctus du myocarde; Soins des pieds diabétiques.

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Prévention quaternaire : Un concept plus récent qui gagne du terrain. Il consiste à identifier les patients à risque de sur-médicalisation et à les protéger contre une nouvelle invasion médicale.

  • Exemple : Choisir de ne pas effectuer de tomodensitométrie pour une lombalgie simple afin d’éviter l’exposition aux radiations et les découvertes fortuites.

La Charte d’Ottawa sur la promotion de la santé

Adoptée en 1986, elle est une pierre angulaire de la politique canadienne de santé publique. Vous devez mémoriser les 5 domaines d’action.

Élaborer des politiques publiques

Législation qui soutient la santé (ex. : lois sur la ceinture de sécurité, taxes sur le tabac).

Créer des environnements favorables

Conditions de vie et de travail sûres et stimulantes (ex. : normes de sécurité au travail, pistes cyclables).

Renforcer l’action communautaire

Responsabiliser les communautés à prendre en charge leur santé (ex. : jardins communautaires, groupes d’entraide).

Développer les aptitudes personnelles

Information et éducation pour le développement personnel (ex. : cours de parentalité, programmes d’alphabétisation).

Réorienter les services de santé

Passer des services curatifs à la promotion et à la prévention (ex. : équipes multidisciplinaires de soins primaires).


Populations vulnérables au Canada

Pour la préparation à l’EACMC1, portez une attention particulière aux groupes suivants :

1. Peuples autochtones (Premières Nations, Inuits, Métis)

  • État de santé : Résultats de santé généralement moins bons que ceux des Canadiens non autochtones (taux plus élevés de diabète, de suicide, de tuberculose).
  • Concepts clés :
    • Sécurité culturelle : Analyse des déséquilibres de pouvoir et de la discrimination institutionnelle.
    • Principe de Jordan : Assure que les enfants des Premières Nations peuvent accéder aux services publics aux mêmes conditions que les autres enfants (résout les différends juridictionnels entre les gouvernements fédéral et provinciaux).
    • Commission de vérité et réconciliation (CVR) : Spécifiquement les appels à l’action 18 à 24 concernant la santé.

2. Immigrants et réfugiés

  • Effet de l’immigrant en bonne santé : Les nouveaux immigrants ont souvent une meilleure santé que les résidents nés au Canada à leur arrivée, mais cet état se détériore avec le temps (généralement dans les 5 à 10 ans) pour correspondre à la population générale.
  • Obstacles : Langue, absence d’assurance maladie (pendant les périodes d’attente), manque de soins culturellement compétents.

Points clés à retenir pour l’EACMC1

  • Le Revenu est le prédicteur le plus fort de la santé au Canada.
  • La Littératie en santé est la capacité d’accéder, de comprendre et d’utiliser l’information pour prendre des décisions éclairées en matière de santé. Une faible littératie en santé est fréquente et liée à de mauvais résultats.
  • Avocat de la santé CanMEDS : Ce rôle exige que vous utilisiez votre expertise et votre influence pour faire progresser la santé et le bien-être des patients individuels, des communautés et des populations.
  • Épidémiologie : Comprenez que les maladies chroniques (cardiovasculaires, cancer) sont les principales causes de décès au Canada, mais que les accidents/blessures sont la principale cause de décès chez les jeunes.
// Mnemonic for Levels of Prevention const prevention = { Primordial: "Prevent Risk Factors", Primary: "Prevent Disease", Secondary: "Screening", Tertiary: "Treatment/Rehab", Quaternary: "Quit Unnecessary Care" }

Question d’exemple

Question

Une femme de 28 ans consulte son médecin de famille pour une aggravation de ses symptômes d’asthme depuis 3 mois. Elle doit utiliser son inhalateur de secours quotidiennement et s’est réveillée la nuit en toussant trois fois la semaine dernière. C’est une mère célibataire de deux enfants et elle a récemment emménagé dans un appartement au sous-sol pour économiser de l’argent. Elle mentionne que l’appartement sent le moisi et qu’elle a vu des taches noires sur le plafond de la salle de bain. L’examen physique révèle des sifflements expiratoires bilatéraux. La spirométrie confirme une obstruction réversible des voies respiratoires.

Lequel des énoncés suivants représente la prochaine étape la plus appropriée dans la prise en charge de cette patiente, intégrant les principes des déterminants sociaux de la santé?

  • A. Prescrire une combinaison de corticostéroïdes inhalés à forte dose et d’un bêta-agoniste à longue durée d’action.
  • B. Conseiller à la patiente d’acheter un filtre à air à haute efficacité (HEPA) pour l’appartement.
  • C. Rédiger une lettre au propriétaire ou à l’autorité du logement pour préconiser l’assainissement de la moisissure dans l’appartement.
  • D. Référencer la patiente à un pneumologue pour évaluation d’une thérapie biologique.
  • E. Planifier un suivi dans 6 mois pour surveiller les symptômes.

Explication

La bonne réponse est :

  • C. Rédiger une lettre au propriétaire ou à l’autorité du logement pour préconiser l’assainissement de la moisissure dans l’appartement.

Explication détaillée

Cette question teste le rôle d’Avocat de la santé des CanMEDS et l’application des Déterminants sociaux de la santé (spécifiquement l’environnement physique/logement) à la prise en charge clinique.

  • L’option C est correcte. Bien que la gestion médicale soit nécessaire, la cause profonde (« en amont ») de l’aggravation de son asthme est probablement l’exposition à la moisissure dans son logement. En tant qu’Avocat de la santé, le médecin devrait aider la patiente à résoudre le déclencheur environnemental. Sans régler les conditions de logement, la thérapie médicale sera probablement insuffisante ou nécessitera des doses inutilement élevées.
  • L’option A est incorrecte. Bien qu’une escalade thérapeutique puisse être indiquée selon les lignes directrices sur l’asthme (GINA), le faire sans régler le déclencheur environnemental n’est pas la prise en charge holistique la plus appropriée. Elle traite le symptôme, pas la cause.
  • L’option B est incorrecte. Un filtre HEPA pourrait aider, mais il impose le fardeau financier à une patiente qui a déjà indiqué des difficultés financières (« a emménagé… pour économiser de l’argent »).
  • L’option D est incorrecte. La thérapie biologique est réservée à l’asthme sévère et réfractaire après avoir abordé les déclencheurs environnementaux et la thérapie par inhalateur maximale.
  • L’option E est incorrecte. Cette patiente présente un asthme mal contrôlé et nécessite une intervention immédiate et un suivi plus rapproché.

Lignes directrices et ressources canadiennes

  1. Agence de la santé publique du Canada (ASPC) : Déterminants sociaux de la santé.
  2. Cadre CanMEDS : Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada.
  3. Commission de vérité et réconciliation du Canada : Appels à l’action (Santé).

Références

  1. Agence de la santé publique du Canada. (2020). Déterminants sociaux de la santé et inégalités en matière de santé. Gouvernement du Canada. Link 
  2. Organisation mondiale de la Santé. (1986). La Charte d’Ottawa sur la promotion de la santé.
  3. Frank, J., & Abel-Smith, B. (2020). Santé publique et médecine préventive. Dans : Objectifs de l’EACMC1. Conseil médical du Canada.
  4. Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada. (2015). Cadre de compétences CanMEDS 2015.
  5. Centre de collaboration nationale sur la santé autochtone. (2013). Aperçu de la santé des Autochtones au Canada.

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