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Syndrome de mort subite du nourrisson (SMSN)

Introduction

Le Syndrome de mort subite du nourrisson (SMSN) est un sujet crucial pour l’EACMC1 et constitue une partie importante des objectifs de Pédiatrie générale et de Médecine préventive. Il s’inscrit sous l’appellation plus large de Mort subite inexpliquée du nourrisson (MSIN).

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Définition : Le SMSN est défini comme la mort soudaine d’un nourrisson de moins d’un an qui demeure inexpliquée après une enquête approfondie du cas, incluant une autopsie complète, un examen de la scène de décès et une revue des antécédents cliniques.

Au Canada, le SMSN demeure la principale cause de mortalité post-néonatale. Comprendre l’épidémiologie, les facteurs de risque et les Lignes directrices canadiennes sur le sommeil sécuritaire est essentiel pour les rôles CanMEDS de Promoteur de la santé et d’Expert médical.


Épidémiologie et contexte canadien

Bien que l’incidence du SMSN ait diminué de façon significative depuis l’introduction de la campagne « Dormir sur le dos », il demeure une préoccupation majeure de santé publique au Canada.

  • Pic d’incidence : Entre 2 et 4 mois de vie.
  • Sexe : Légère prédominance masculine (3:2).
  • Saisonnalité : Incidence plus élevée durant les mois d’hiver (associée à la surchauffe et aux infections respiratoires).
  • Populations vulnérables : Les nourrissons autochtones au Canada présentent un taux de SMSN significativement plus élevé que la moyenne nationale, soulignant l’importance d’aborder les Déterminants sociaux de la santé.

Le modèle du triple risque

La compréhension actuelle de la physiopathologie du SMSN repose sur le Modèle du triple risque. Le SMSN survient lorsque trois facteurs se croisent :

  1. Nourrisson vulnérable : Anomalie sous-jacente (ex. : anomalie du tronc cérébral dans la signalisation de la sérotonine).
  2. Période critique de développement : Croissance rapide et instabilité homéostatique (2-4 mois).
  3. Facteur de stress exogène : Facteurs environnementaux (ex. : sommeil en position ventrale, surchauffe, exposition à la nicotine).

Facteurs de risque

L’identification des facteurs de risque est à haut rendement pour la préparation à l’EACMC1. Ceux-ci sont classés en facteurs maternels, infantiles et environnementaux.

  • Tabagisme maternel : Le facteur de risque modifiable le plus important (réponse dose-dépendante).
  • Consommation de substances : Consommation d’alcool et de drogues illicites pendant la grossesse.
  • Jeune âge maternel : Moins de 20 ans.
  • Soins prénatals inadéquats : Soins prénatals tardifs ou inexistants.
  • Intervalle inter-grossesses court.

Alerte à haut rendement pour l’EACMC1

Le tabagisme pendant la grossesse et dans l’environnement postnatal est l’un des facteurs de risque les plus forts. Le sommeil en position ventrale est le facteur de risque environnemental modifiable le plus fort ciblé par la campagne « Dormir sur le dos ».


Diagnostic différentiel

Puisque le SMSN est un diagnostic d’exclusion, d’autres causes de mort inattendue du nourrisson doivent être écartées.

CatégorieAffections à considérerConstatations cliniques/autopsiques clés
CardiaquesSyndrome du QT long, WPW, MyocarditeAntécédents familiaux de syncope/mort subite, ECG anormal (tests génétiques post-mortem).
MétaboliquesDéficience en MCAD, troubles du cycle de l’uréeRetard de croissance, antécédents de léthargie, hypoglycémie, stéatose hépatique à l’autopsie.
InfectieusesSepsis, Méningite, PneumonieFièvre, signes d’infection, cultures positives.
Traumatiques/AbusLésion non accidentelle (LNA), SuffocationHémorragies rétiniennes, fractures costales, histoire incohérente.
NeurologiquesConvulsions, Malformations cérébralesAntécédents de mouvements anormaux.

Prévention et prise en charge : Lignes directrices canadiennes

La Société canadienne de pédiatrie (SCP) et Santé Canada (via l’Agence de la santé publique du Canada, ASPC) ont publié une Déclaration conjointe sur le sommeil sécuritaire. La maîtrise de ces lignes directrices est essentielle pour l’examen.

Les ABC du sommeil sécuritaire

  • AAu sol (ou dans son propre lit) : Sans partage de lit, sans jouets, sans literie lâche.
  • DDos : Toujours coucher le bébé sur le dos pour dormir.
  • CCrib (Berceau) : Utiliser un berceau ou un moïse conforme aux normes canadiennes.

Recommandations détaillées

  1. Position de sommeil : Supine (sur le dos) pour chaque sommeil. Le sommeil sur le côté n’est pas sécuritaire. Une fois que le nourrisson peut se retourner de manière constante (généralement 4-6 mois), il n’est pas nécessaire de le repositionner.
  2. Surface de sommeil : Matelas ferme avec un drap bien ajusté. Pas de protège-matelas, d’oreillers, de couettes ou d’animaux en peluche.
  3. Partage de chambre : Recommandé pour les 6 premiers mois de vie (effet protecteur).
  4. Partage de lit : Non recommandé par la SCP en raison du risque d’emprisonnement/écrasement, bien que pratiqué culturellement par certains.
    • Réduction des méfaits : Si les parents choisissent de partager le lit, conseiller strictement de ne pas le faire si : le nourrisson a moins de 4 mois, est né prématurément/de faible poids, ou si les parents fument, consomment de l’alcool ou prennent des drogues sédatives.
  5. Allaitement maternel : Effet protecteur contre le SMSN.
  6. Utilisation de la suce : L’utilisation à la sieste et au coucher est associée à une réduction du risque de SMSN (mécanisme incertain, possiblement augmentation de l’éveil ou perméabilité des voies respiratoires). Retarder jusqu’à ce que l’allaitement soit bien établi.
  7. Surchauffe : Habiller le nourrisson légèrement; pas de chapeau à l’intérieur.
  8. Moniteurs à domicile : Les moniteurs cardiorespiratoires ne sont pas recommandés pour la prévention du SMSN chez les nourrissons en bonne santé.

Conseils aux parents : Une approche étape par étape

Étape 1 : Évaluer les pratiques actuelles

Poser des questions ouvertes : « Parlez-moi de l’endroit et de la manière dont votre bébé dort. » « Qu’avez-vous l’habitude de faire lorsque le bébé se réveille la nuit ? »

Étape 2 : Reconnaître et valider

Reconnaître que les parents sont épuisés et font de leur mieux. « Je sais que c’est épuisant lorsque le bébé se réveille fréquemment. »

Étape 3 : Éduquer sur les risques et les lignes directrices

Expliquer le « Pourquoi » derrière les lignes directrices. « Nous savons que les bébés qui dorment sur le ventre sont plus à risque de ne pas se réveiller s’ils ont des difficultés respiratoires. »

Étape 4 : Aborder les obstacles

Si les parents partagent le lit, explorer la raison (ex. : facilité d’allaitement). Discuter des alternatives sécuritaires comme un berceau juste à côté du lit.

Étape 5 : Renforcer les facteurs protecteurs

Encourager l’allaitement et un environnement sans fumée.


Abréviations médicales

SMSN = Syndrome de mort subite du nourrisson MSIN = Mort subite inexpliquée du nourrisson MSIDN = Mort subite inexpliquée du nourrisson ÉVIL = Événement potentiellement mortel apparent (Terme historique) ÉRRU = Événement bref résolu inexpliqué (Terme actuel) MCAD = Déficience en acyl-CoA déshydrogénase à chaîne moyenne SCP = Société canadienne de pédiatrie ASPC = Agence de la santé publique du Canada

Points clés à retenir pour l’EACMC1

  • Diagnostic d’exclusion : Le SMSN ne peut être diagnostiqué sans une autopsie complète et une enquête sur la scène de décès.
  • Dormir sur le dos : L’intervention de santé publique la plus efficace.
  • Tabagisme : Le facteur de risque modifiable le plus significatif (prénatal et postnatal).
  • Environnement de sommeil : Surface ferme, absence d’objets lâches, partage de chambre sans partage de lit.
  • Moniteurs : Ne préviennent pas le SMSN; ne les prescrire pas à cette fin.
  • Deuil : En cas de décès par SMSN, le rôle du médecin comprend une communication compatissante, l’évitement du blâme et l’organisation d’un suivi/soutien psychologique.

Question d’exemple

Scénario clinique

Un nourrisson de sexe masculin âgé de 6 semaines est amené à la clinique pour un contrôle de routine. Le nourrisson est né à 39 semaines de gestation par voie vaginale et suit la 50e percentile de croissance. La mère allaite exclusivement. Au cours de la visite, la mère mentionne que sa belle-mère insiste pour que le bébé dorme sur le ventre pour éviter une tête plate et les fausses routes de régurgitations. La mère admet être confuse et demande votre avis. Elle mentionne également qu’elle amène parfois le bébé dans son lit pour l’allaiter et s’y endort.

Quelle est l’affirmation la plus appropriée à fournir concernant la réduction du risque de syndrome de mort subite du nourrisson (SMSN) ?

  • A. Le sommeil sur le côté est une alternative sécuritaire au sommeil ventral pour prévenir l’aspiration.
  • B. Le partage de lit est recommandé pour faciliter l’allaitement exclusif et améliorer le lien affectif.
  • C. Des moniteurs cardiorespiratoires à domicile devraient être prescrits pour alerter les parents si le nourrisson cesse de respirer.
  • D. Le sommeil en position supine (sur le dos) est la position la plus sécuritaire et n’augmente pas le risque d’aspiration.
  • E. Le sommeil ventral est acceptable pendant les siestes de jour si la mère est dans la pièce.

Explication

La bonne réponse est :

  • D. Le sommeil en position supine (sur le dos) est la position la plus sécuritaire et n’augmente pas le risque d’aspiration.

Explication détaillée :

  • L’option D est correcte : Coucher le nourrisson sur le dos (supine) pour chaque sommeil est l’action la plus efficace pour réduire le risque de SMSN. Les preuves montrent que les bébés en bonne santé placés sur le dos sont moins susceptibles de s’étouffer avec leur vomi que ceux sur le ventre. La trachée se situe au-dessus de l’œsophage en position supine; la gravité empêche le lait régurgité d’entrer dans les voies respiratoires.
  • L’option A est incorrecte : Le sommeil sur le côté est instable; les nourrissons peuvent facilement rouler sur le ventre, ce qui les expose à un risque élevé de SMSN. Ce n’est pas une alternative recommandée.
  • L’option B est incorrecte : Bien que le partage de chambre soit recommandé, le partage de lit (co-sommeil) n’est pas recommandé par la Société canadienne de pédiatrie en raison du risque d’emprisonnement, d’écrasement et de suffocation, particulièrement chez un nourrisson de moins de 4 mois.
  • L’option C est incorrecte : Il n’existe aucune preuve que les moniteurs cardiorespiratoires à domicile réduisent l’incidence du SMSN chez les nourrissons en bonne santé. Ils ne doivent pas être utilisés à cette fin, car ils peuvent créer un faux sentiment de sécurité.
  • L’option E est incorrecte : La position ventrale est un facteur de risque majeur pour le SMSN. Les nourrissons doivent dormir sur le dos pour toutes les périodes de sommeil, y compris les siestes. Le « temps sur le ventre » n’est recommandé que lorsque le nourrisson est éveillé et sous surveillance pour prévenir la plagiocéphalie et favoriser le développement moteur.

Références

  1. Société canadienne de pédiatrie. (2021). Déclaration conjointe sur le sommeil sécuritaire : Réduire les morts subites inexpliquées du nourrisson au Canada. Consulté sur SCP.ca 
  2. Agence de la santé publique du Canada. (2021). Le sommeil sécuritaire pour votre bébé.
  3. Moon, R. Y. (2016). SIDS and Other Sleep-Related Infant Deaths: Evidence Base for 2016 Updated Recommendations for a Safe Infant Sleeping Environment. Pediatrics.
  4. Conseil médical du Canada. (2024). Objectifs de l’Examen de la Partie I de l’EACMC : Pédiatrie.


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