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Internal MedicineNeurologyTroubles Moteurs : Les Tics Involontaires

Troubles Moteurs : Les Tics Involontaires

Introduction aux Troubles à Tics pour l’EACMC1

Les troubles à tics, en particulier le Syndrome de Gilles de la Tourette (SGT), sont des sujets à haut rendement pour l’EACMC1 dans les sections Neurologie et Pédiatrie. En tant qu’étudiant en médecine canadien, vous devez comprendre la présentation clinique, l’éventail de la sévérité et les lignes directrices canadiennes concernant la prise en charge, qui privilégient les interventions comportementales par rapport à la pharmacothérapie dans les cas légers.

Définition : Les Tics

Les tics sont des mouvements moteurs ou des vocalisations soudains, rapides, récurrents et non rythmiques. Une caractéristique essentielle qui distingue les tics d’autres troubles moteurs hyperkinétiques (comme la chorée ou le myoclonus) est qu’ils sont souvent suppressibles pendant de courtes périodes et sont fréquemment précédés d’une sensation prémonitoire (une sensation de tension croissante).


Classification des Tics

Comprendre la classification est essentiel pour diagnostiquer le type spécifique de trouble à tics.

TypeDescriptionExemples
Moteur SimpleImplique un seul groupe musculaire ; bref (<100 ms).Clignement des yeux, haussement des épaules, grimaces faciales, secousses de la tête.
Vocal SimpleSons ou bruits dénués de sens.Clartage de gorge, reniflements, grognements, toux.
Moteur ComplexeMouvements coordonnés et séquencés ; semblent intentionnels.Toucher des objets, sauter, échopraxie (imitation des mouvements), copropraxie (gestes obscènes).
Vocal ComplexeMots ou phrases ayant une signification linguistique.Palilalie (répétition de ses propres mots), écholalie (répétition des autres), coprolalie (mots obscènes - rare, <10 % des cas).

Critères Diagnostiques du DSM-5

L’EACMC1 évalue votre capacité à distinguer le trouble à tics provisoire, le trouble à tics chronique et le Syndrome de Gilles de la Tourette en fonction de la durée et de la variété des symptômes.

1. Syndrome de Gilles de la Tourette (SGT)

  • À la fois des tics moteurs multiples et au moins un tic vocal ont été présents à un moment donné de la maladie (pas nécessairement simultanément).
  • Les tics peuvent fluctuer en fréquence mais persistent depuis >1 an depuis l’apparition du premier tic.
  • L’apparition est avant 18 ans.
  • Le trouble n’est pas attribuable à une substance (ex. cocaïne) ou à une autre affection médicale (ex. maladie de Huntington, encéphalite post-virale).

2. Trouble à Tics Moteur ou Vocal Persistant (Chronique)

  • Présence d’un ou de plusieurs tics moteurs ou vocaux, mais pas à la fois moteurs et vocaux.
  • Persiste pendant >1 an.
  • Apparition avant 18 ans.

3. Trouble à Tics Provisoire

  • Un ou plusieurs tics moteurs et/ou vocaux.
  • Présents pendant <1 an.
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Épidémiologie Canadienne : Le Syndrome de Gilles de la Tourette touche environ 0,6 % à 1 % des enfants canadiens. Il est 3 à 4 fois plus fréquent chez les garçons que chez les filles. La sévérité maximale des symptômes survient généralement entre les âges de 10 et 12 ans, s’améliorant souvent à la fin de l’adolescence.


Comorbidités : La « Triade »

Pour la préparation à l’EACMC1, reconnaître les comorbidités est aussi important que de diagnostiquer les tics eux-mêmes. Le SGT pur est rare ; la plupart des patients présentent des affections neuropsychiatriques comorbides.

TDAH

Comorbidité la plus fréquente (~60 %). Précède souvent l’apparition des tics.

TOC

Survient chez environ 50 % des patients. Les obsessions sont souvent liées à la symétrie ou à l’exactitude.

Anxiété/Humeur

L’anxiété généralisée et la dépression sont fréquentes, surtout chez les adolescents.


Évaluation Clinique

Suivez cette approche étape par étape pour évaluer un patient présentant des tics, conformément au cadre CanMEDS pour une évaluation approfondie.

Étape 1 : Histoire Détaillée

Concentrez-vous sur l’apparition, la trajectoire (fluctuation) et la nature des mouvements.

  • Question clé : « Ressentez-vous une envie de bouger avant que cela ne se produise ? » (Sensation prémonitoire).
  • Question clé : « Pouvez-vous les arrêter si vous essayez vraiment ? » (Suppressibilité).
  • Question clé : « Se produisent-ils pendant le sommeil ? » (Les tics diminuent ou s’arrêtent généralement pendant le sommeil, contrairement aux crises d’épilepsie).

Étape 2 : Dépistage de « PANDAS » / « PANS »

Bien que controversé, l’apparition soudaine de tics sévères et de TOC suite à une infection streptococcique peut suggérer le PANDAS (Troubles Neuropsychiatriques Auto-immuns Pédiatriques Associés aux Infections Streptococciques).

  • Note EACMC1 : Il s’agit d’un diagnostic d’exclusion. N’arrivez pas à ce diagnostic sans une histoire classique d’apparition soudaine et explosive.

Étape 3 : Examen Physique

Effectuez un examen neurologique complet pour écarter les causes secondaires.

  • Maladie de Wilson : Recherchez les anneaux de Kayser-Fleischer (lampe à fente) et l’hépatosplénomégalie si l’âge est > 5 ans.
  • Maladie de Huntington : Recherchez une chorée soutenue (improbable dans la présentation pédiatrique classique).
  • Chorée de Sydenham : Recherchez le « grip du laitier » (milkmaid’s grip) et la langue qui jaillit.

Étape 4 : Investigations

Le diagnostic est clinique. L’imagerie cérébrale (IRM) et l’EEG ne sont pas systématiquement indiqués, sauf en présence de caractéristiques atypiques (ex. activité de type crise, signes neurologiques focaux, apparition à l’âge adulte).


Prise en Charge et Lignes Directrices Canadiennes

La prise en charge des troubles à tics au Canada suit une approche par étapes. L’éducation et la thérapie comportementale sont les pierres angulaires.

Hiérarchie du Traitement

Stratégie de Première Ligne

  • Psychoéducation : Rassurez le patient et la famille sur le fait que les tics sont involontaires et s’améliorent souvent avec l’âge. Abordez l’environnement scolaire (Rôle d’Avocat de la Santé CanMEDS).
  • TICS (Thérapie Comportementale Intégrée pour les Tics) : C’est le traitement non pharmacologique étalon-or au Canada. Il comprend la Thérapie de Réversion de l’Habitude (TRH) — enseigner au patient à reconnaître la sensation prémonitoire et à effectuer une réponse compétitive.
  • Observation Vigilante : Appropriée pour les tics légers qui ne causent pas de déficience fonctionnelle ou de douleur.

Points saillants des Lignes Directrices Canadiennes

  • Traiter l’affection la plus invalidante en premier : Si un enfant a un SGT et un TDAH sévère, traiter le TDAH (souvent avec des stimulants) est prioritaire.
  • Mythe des Stimulants : Les preuves actuelles suggèrent que les stimulants (Méthylphénidate) pour le TDAH ne n’aggravent pas définitivement les tics chez la plupart des patients, bien qu’ils puissent provoquer une augmentation transitoire. Ils ne sont pas contre-indiqués dans le SGT si le TDAH est l’atteinte principale.

Points Clés à Retenir pour l’EACMC1

  • Diagnostic : Les tics sont suppressibles et associés à une sensation prémonitoire. Le SGT nécessite des tics Moteurs + Vocaux > 1 an.
  • Comorbidités : Toujours rechercher le TDAH et le TOC.
  • Prise en Charge de Première Ligne : Psychoéducation et « Observation Vigilante » pour les cas légers. TICS pour les cas modérés.
  • Pharmacologie : La Clonidine/Guanfacine est généralement préférée aux antipsychotiques initialement en raison d’un meilleur profil de sécurité.
  • Imagerie : Non requise pour les présentations typiques.
  • Pronostic : Les symptômes atteignent généralement un pic au début de l’adolescence (10-12 ans) et s’améliorent à la fin de l’adolescence.

Question Pratique

Scénario Clinique

Un garçon de 9 ans est amené en clinique par ses parents en raison d’un historique de 14 mois de clignements des yeux fréquents et de clartages de gorge. Les parents rapportent que les mouvements fluctuent mais n’ont jamais complètement disparu. L’enfant réussit bien à l’école, a des amis et déclare que les mouvements ne le dérangent pas significativement, bien que son enseignante les ait mentionnés. Il n’a aucun autre antécédent médical. L’examen physique est sans particularité, à part les tics observés.

Question

Lequel des énoncés suivants représente la première étape de prise en charge la plus appropriée ?

  • A. Commencer la Clonidine orale
  • B. Demander une Imagerie par Résonance Magnétique (IRM) du cerveau
  • C. Commencer l’Halopéridol oral
  • D. Psychoéducation et surveillance
  • E. Demander un Électroencéphalogramme (EEG)

Cliquer pour révéler la réponse et l’explication

Explication

La bonne réponse est :

  • D. Psychoéducation et surveillance

Analyse Détaillée :

  • Diagnostic : Le patient répond aux critères du Syndrome de Gilles de la Tourette (tics moteurs multiples + tic vocal, durée >1 an, apparition <18 ans).

  • Raisonnement : Les lignes directrices canadiennes et les meilleures pratiques générales pour le Syndrome de Gilles de la Tourette soulignent que le traitement doit être hiérarchisé et basé sur l’atteinte fonctionnelle.

    • Ce patient présente des tics, mais ils ne le dérangent pas et il fonctionne bien sur les plans social et scolaire.
    • Par conséquent, les risques de la pharmacothérapie l’emportent sur les bénéfices.
    • La Psychoéducation pour le patient, les parents et l’enseignant (pour prévenir l’intimidation ou les malentendus) combinée à la surveillance est l’étape initiale standard.
  • Pourquoi les autres options sont incorrectes :

    • A (Clonidine) : Bien que la Clonidine soit un agent pharmacologique de première ligne, les médicaments sont réservés aux tics qui causent une atteinte fonctionnelle (douleur, isolement social, perturbation scolaire).
    • B (IRM) & E (EEG) : L’imagerie cérébrale et l’EEG ne sont pas indiqués pour le Syndrome de Gilles de la Tourette typique avec un examen neurologique normal. Ils ne sont utilisés qu’en présence de caractéristiques atypiques (ex. crises d’épilepsie, déficits focaux).
    • C (Halopéridol) : Il s’agit d’un antipsychotique typique avec un profil d’effets secondaires lourd (SEP, dyskinésie tardive). Il est rarement un agent de première ligne et certainement pas pour des cas légers et non invalidants.

Références

  1. American Psychiatric Association. (2013). Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (5th ed.). Arlington, VA: American Psychiatric Publishing.
  2. Pringsheim, T., et al. (2012). Canadian Guidelines for the Evidence-Based Treatment of Tourette Syndrome. Can J Psychiatry. Link to resource 
  3. Conseil médical du Canada. (2023). Objectifs de l’Examen d’aptitude du Conseil médical du Canada, partie I : Neurologie.
  4. Doja, A. (2010). Evidence-based management of Tourette’s syndrome. Paediatrics & Child Health.


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